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JESUS CHRIST SUPERSTAR au London Palladium

Stuart King 14 juillet, 2026, 12:13

La première tant attendue du passage de Sam Ryder dans JESUS CHRIST SUPERSTAR est enfin arrivée. Je me suis rendu au London Palladium pour évaluer si sa prestation mérite la crucifixion, ou si le pin-up messianique de l'Eurovision parvient à maintenir le public en état de ravissement.

Sam Ryder dans Jesus Christ Superstar au London Palladium. Photo par Johan PerssonSam Ryder dans Jesus Christ Superstar au London Palladium. Photo par Johan Persson

Au fil des décennies, Andrew Lloyd Webber et Tim Rice ont une habitude bien établie lorsqu'il s'agit d'engager des chanteurs considérés comme des valeurs sûres en raison de leurs fanbases fidèles, ferventes et bien ancrées — il suffit de penser à un David Essex ténébreux dans le rôle du révolutionnaire Che dans « Evita » ou à Jason Donovan faisant tournoyer le manteau multicolore dans « Joseph… », entre autres. Ici, le Jesus de Ryder apparaît comme un marchand de charisme nettement moins assuré, davantage un hippie un peu dans les nuages qui s'est lassé de son troupeau agaçant et turbulent, notamment Judas (Tyrone Huntley), qui offre fréquemment matière à divorce entre potes et finit par trahir son ami d'un baiser au jardin de Gethsémani pour 30 pièces d'argent. Ici, Iscariote plonge les mains dans un coffre illuminé, les couvrant de peinture argentée ruisselante qui le marque indélébilement comme traître pour le reste du spectacle.

L'usage intensif de micros à main paraît un brin incongru, et pourtant tout a été fait pour intégrer stylistiquement leur emploi avec aplomb dans les décors et costumes signés Tom Scutt. En particulier lors des entrées fréquentes du Pharisee dont les bâtons bibliques portent un micro à une extrémité et un insigne chiffré individuel à l'autre, servant de socles une fois retournés pour les numéros musicaux. Dans ces moments, Matty J et Bob Harms assurent respectivement dans les rôles d'Annas et de Caiaphas.

Touchant elles aussi les bonnes notes aux bons endroits : Desmonda Cathabel dans le rôle de Mary Magdalene et Billy Nevers dans celui de Simon. La première crée un mélange sonore proche de Linda Ronstadt et de la sublime Judith Durham de The Seekers. Nevers, quant à lui, dégage puissance et vivacité lorsqu'il exhorte Jesus à canaliser sa popularité en un soulèvement militaire contre leurs oppresseurs romains, dans Simon Zealotes/Poor Jerusalem qui a failli interrompre le spectacle et fut pour moi le point culminant.

Le metteur en scène Tim Sheader s'est largement appuyé sur le chorégraphe Drew McOnie pour donner de l'intérêt à une scène autrement squelettique. Un crucifix géant couché sert de rampe à l'aire de jeu principale, entourée de tubes d'échafaudage sur lesquels sont montés des gradins surélevés pour l'orchestre de près de vingt musiciens dirigé par Tom Deering. Les danseurs sont unanimement splendides avec leurs styles street dance impeccablement exécutés façon Arts Ed, mais mention spéciale à Charley Warburton, Owen Lloyd, Milo McCarthy, Daniel Bowskill et Sebastian Goffin, qui apportent chacun un supplément de peps. Et guettez le diorama délicieusement pieux déclenché par Phil King à la guitare dans le rôle de Peter, où douze membres de la troupe rejoignent Ryder en Jesus pour incarner ses apôtres et reconstituer La Cène de De Vinci.

Au total, une performance formidable, quoique une fois de plus trop amplifiée. Parmi mes bêtes noires figuraient les trop nombreux moments où les relances musicales retardées sont délibérément agencées pour inciter le public à applaudir, plutôt que de laisser les réactions jaillir de manière organique et enthousiaste. Mais bon, cela a toujours été conçu comme un récit religieux destiné à transmettre le pouvoir de la personnalité et de la popularité ; le spectacle affichera donc sans nul doute complet pour toute la durée de son exploitation.

Ayant passé les années 1998-1999 en tournée dans The Pirates of Penzance aux côtés du tout premier Jesus (Paul Nicholas, qui tint le rôle en 1972), je me suis surpris à me demander ce que cet homme, aujourd'hui âgé de 81 ans, penserait de cette nouvelle version et de sa tête d'affiche. J'espère que quelqu'un le lui demandera.

JESUS CHRIST SUPERSTAR dure 2 heures avec entracte et se poursuit au London Palladium jusqu'au 5 septembre. Il doit ensuite s'installer au Theatre Royal Drury Lane du 16 octobre au 9 janvier 2027.

Jesus Christ Superstar à Londres

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