TO KILL A MOCKINGBIRD au Wyndham’s Theatre
Stuart King
1 juillet 2026 à 09:14
Le classique de la littérature américaine écrit par Harper Lee à la fin des années 1950 a connu une adaptation au cinéma et plusieurs versions scéniques au fil des ans, dont celle-ci, signée Aaron Sorkin, déjà abondamment louée et portée par différents comédiens dans le rôle central d'Atticus Finch, avocat intègre d'une petite ville. Pour cette nouvelle série au Wyndham's, c'est Richard Coyle qui reprend le flambeau.
La distribution de To Kill A Mockingbird. Photo par Johan Persson.
Première chose à noter : la trame est celle que des millions de lecteurs connaissent déjà, et elle se concentre pour l'essentiel sur la seconde moitié du roman. Pendant la Grande Dépression, dans la petite ville de Maycomb en Alabama, Tom Robinson (Aaron Shosanya), père de famille noir, travailleur et honnête, est accusé d'avoir violé une jeune femme blanche, Mayella (Evie Hargreaves), fille d'un alcoolique violent, Bob Ewell (Oscar Pearce). Malgré les efforts de Finch pour présenter des preuves accablantes de son innocence et malgré la bienveillance du juge (Stephen Boxer), le jury, entièrement blanc, condamne Robinson après qu'il a déclaré sous serment avoir accepté d'effectuer, presque chaque jour et sans être payé, les corvées que lui demandait Mayella parce qu'il avait pitié d'elle. Qu'un homme noir puisse éprouver de la compassion pour la situation d'une femme blanche : c'est cet insupportable-là qui scelle sa condamnation, pour un crime capital jamais prouvé.
Autour d'Atticus, et apprenant de son exemple à grandir avec droiture et bonté, gravitent sa fille Scout (Anna Munden), principale narratrice, et son fils Jem (Gabriel Scott). Les rejoint l'été leur cousin Dill Harris (Dylan Malyn), garçon inquiet et exubérant, laissé à lui-même par ses parents, qui s'invente un père idéal qu'il n'a jamais connu.
Plutôt que de traiter le procès comme une seule et longue scène, le décor fait constamment la navette entre la véranda de Finch — où il rassemble ses pensées et discute notamment avec sa gouvernante Calpurnia (formidable de retenue, Andrea Levy) — et le tribunal, la barre des témoins au centre du plateau. La stratégie de l'accusation repose largement sur Horace Gilmer (Richard Dempsey), qui harcèle Tom avec agressivité et mépris, l'appelant sans cesse « Boy ».
L'ensemble fonctionne comme une réflexion sur la fracture entre le Nord vainqueur et les États du Sud vaincus, et sur le ressentiment persistant après l'abolition de l'esclavage, qui avait signifié pour beaucoup de Blancs une main-d'œuvre gratuite et un statut de propriétaire. À l'ère de #BlackLivesMatter, TO KILL A MOCKINGBIRD reste un rappel salutaire des torts du passé et de tout ce qui reste à corriger pour que le rêve américain — « la vie, la liberté et la recherche du bonheur » — ait un sens pour TOUS les citoyens.
La production se joue au Wyndham’s Theatre jusqu'au 12 septembre ; comptez un peu moins de trois heures, entracte compris.
To Kill A Mockingbird à Londres
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